Jeter une grosse main en tournoi

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Jeter une grosse main en tournoi

Message par Admin le Mer 6 Avr - 19:53

Il est facile de gagner des tournois si vous passez votre temps à toucher des “nuts” (meilleur jeu possible) au flop, mais savoir quand jeter votre main vous permettra de sortir la tête haute à chaque tournoi. Amarillo Slim a dit un jour : “Si vous ne savez pas jeter la meilleure main, vous ne savez pas jouer.” Mais il a également dit : “Je suis capable de mettre un serpent à sonnette dans votre poche et de vous demander du feu”. Il donc difficile de savoir quoi en penser. En tout cas, une chose est sûre : l’art de jeter une main à bon escient est en voie de disparition au poker. Il y a deux raisons à cela :
* Tout d’abord, de nos jours, les joueurs sont bien plus relâchés et agressifs qu’ils ne l’étaient. Cela veut dire que, maintenant, il est souvent correct de suivre des joueurs avec des mains marginales.
* La deuxième raison est due au poker en ligne. En ligne, il est plus facile de suivre, car tout ce que vous avez à faire est de cliquer sur la souris, et il est encore plus facile de se laisser entraîner par le mouvement d’une main que de deviner si vous êtes en train de vous faire battre.

Cependant, jeter des mains à bon escient est vital pour gagner, quel que soit votre style. Selon la célèbre formule de Mike Caro, à la fin de l’année, qu’est-ce que vous préférez ? Voir 100 000 dollars disparaître de votre colonne de pertes ou les voir s’ajouter à votre colonne de gains ? Eh bien, Mike, la plupart d’entre nous préfère déjà avoir 100 000 dollars pour décider ; mais, ce qu’il voulait dire, c’est que les gains et les pertes ont la même valeur, et pourtant la plupart des joueurs ne passent pas suffisamment de temps à minimiser leurs pertes.

En parlant de jeter une main, je veux dire se coucher avec une main qui a du potentiel. Vous ne gagnez rien à jeter A-K si un autre joueur vous sur-relance avec un flop de 9-8-7. Je parle de se coucher avec des mains qui pourraient être gagnantes, mais risquent d’être battues.

Par exemple, une paire supérieure au tableau ou un brelan lorsque la carte de quinte sort. Savoir quand jeter ce type de main est tout à la fois un art et une science.
Au feeling

L’art de savoir jeter une bonne main tient à ce terme souvent ressassé lors des discussions de poker : “le feeling”.

Vous êtes assis à une table, qu’elle soit physique ou virtuelle, et vous avez le “feeling” que votre main n’est pas bonne. Bon, si cela a du sens, la meilleure explication est que votre subconscient vous rappelle l’expérience que vous avez accumulée au cours de vos nombreuses années à jouer. Avez-vous noté un tic facial ? Vos adversaires ont-ils attendu trop longtemps avant de miser ? Souvent, vous feriez bien d’écouter votre instinct. S’il y a une chose qui sépare le bon joueur du grand joueur, c’est sa capacité à écouter son instinct à la table.

Chez certains, comme Phil Ivey, l’instinct est quelque chose de naturel et d’infaillible. Pour les autres, comme nous, c’est un talent qu’il faut affiner et développer. N’oubliez pas qu’il y a deux choses à cultiver : tout d’abord, écouter la voix intérieure qui vous dit que vous êtes battu ; puis, agir en conséquence.
Les signes de danger

Certaines actions de base doivent vous mettre instantanément la puce à l’oreille et vous alerter.

Les petites relances ou les check-raises indiquent clairement “monstre !” ou, tout au moins, une main qui a besoin de s’améliorer pour avoir le meilleur jeu possible. Lorsque vous faites face à l’une de ces actions destinées à prendre des jetons, repensez aux comportements pré-flop de vos adversaires. Ont-ils suivi ou lieu de relancer, puis ont fait un check-raise sur un flop moyen ? Il est fort possible qu’ils aient une petite paire fermée et qu’ils aient touché un brelan au flop. Dans ce cas, vous êtes dans une sale situation si vous continuez à croire que votre paire supérieure est bonne.

Les jetons servent à différentes choses, entre autres, à savoir si vous êtes devant et, si votre adversaire suit, à déterminer ce qu’il a en main. Si vous pensez avoir affaire à un joueur qui comprend la cote du pot, vous pouvez éliminer tout un tas de mains susceptibles de s’améliorer s’il a payé plus que nécessaire pour tirer une couleur ou une quinte, surtout s’il a suivi hors position.

S’il a suivi vos mises au flop et au tournant, tout cela pour un tirage quinte au tournant et à la rivière, suivie d’une forte mise, demandez-vous : a-t-il vraiment la quinte ? Probablement pas, mais peut-il encore battre votre top paire ?

C’est probable, en particulier si vous pensez que la table joue serré.
Une drôle de science

Bien sûr, vous pouvez prendre vos décisions plus facilement si vous vous connaissez un peu la science du poker.

Tout d’abord, analysez les décisions pré-flop. Au No-limit Hold’em, se coucher avec une bonne main intervient très souvent pré-flop, parce que cela vous évite de perdre beaucoup de jetons sur un coup ou sur plusieurs tours d’enchères.

La décision de se coucher pré-flop avec une bonne main de départ ou de s’y tenir peut s’avérer difficile, mais, moins vous aurez de jetons, plus la décision sera facile à prendre. Le problème se pose lorsque vous faites face à une action pré-flop sur une bonne main, mais pas la meilleure. Si vous avez ouvert pour une relance avec une main comme 9-9, 10-10, J-J ou un gros As et que vos adversaires vous sur-relancent, la décision à prendre peut être difficile.

Souvent, la tentation est de suivre la sur-relance et de voir si le flop vous aide. Pourquoi pas, mais vous pouvez tout aussi bien vous faire piéger à ce petit jeu. Par exemple, si vous suivez une sur-relance avec 10-10 et que le flop est 7-4-2, vos jetons risquent fort bien d’aller se mesurer à une main qui pourrait facilement vous battre. Parfois, la meilleure chose à faire est de se coucher pré-flop.

Certains pourront arguer du fait que se coucher avec de telles mains est dépassé, car les joueurs sont maintenant plus agressifs et sur-relancent pré-flop avec une plus grande variété de mains, mais cela constitue un argument encore meilleur pour ceux qui penchent pour l’attente d’un meilleur moment, du fait que cela vous permet d’attendre une très bonne main avant d’asséner le coup final.

Comme pour la plupart des décisions prises à la table, jeter une bonne main dépend de chaque joueur. Après avoir joué avec quelqu’un pendant un certain temps, vous devriez être en mesure de deviner sa gamme de sur-relance pré-flop, combien il va miser avec une très bonne main et la fréquence à laquelle il va le faire avec une main médiocre.

Vous devez également souvent vous coucher avec des mains relativement correctes sur les blinds. Si le pot s’ouvre avec une relance et que vous êtes sur le gros blind avec A-J ou A-10, vous devez pouvoir jeter ces mains assez facilement. Il est souvent préférable de jeter ces mains afin d’éviter de se retrouver ultérieurement en difficulté. N’oubliez pas, un grand nombre d’erreurs et de décisions difficiles font suite à une décision de suivre pré-flop avec une main marginale.
Les cotes, je suis

Les cotes du pot rentrent en grande partie dans la décision de jeter sa main à bon escient.

Lorsqu’ils sont en difficulté, nombre de joueurs ne les prennent pas en considération ou les utilisent mal. Vous verrez souvent de mauvais joueurs se lamenter du fait qu’ils “avaient la cote du pot, alors ils devaient suivre”, quelle que soit leur main ou la cote du pot. Lorsque les mises touchent à leur fin, c’est-à-dire à la rivière ou lorsque tout l’argent est à tapis, vous devez être capable d’estimer votre cote du pot. Comparez-la alors avec vos chances d’avoir une bonne main (si possible, par rapport à la gamme de mains que votre adversaire est susceptible d’avoir), afin d’évaluer s’il vaut mieux suivre ou vous coucher.

* Disons par exemple que vous jouez contre un joueur faible et prévisible.
* Vous avez misé deux paires et il a suivi.
* A la rivière, la carte de quinte tant redoutée arrive, vous annoncez parole et il mise.
* Le pot est de 7 000 et il mise 3 000. Cela vous donne un montant de 3 000 à suivre, ce qui pourrait vous faire gagner 10 000.
* Votre cote du pot est donc de 3,333/1, soit 30 %.
* Vous devez maintenant évaluer si votre double paire a 30 % de chances d’être bonne.
* Par exemple, vous pourriez vous dire qu’il y a 10 % de chances que votre adversaire bluffe (il y a toujours une chance qu’il bluffe, même s’il n’a pas pour habitude de le faire) et 10 % de chances qu’il ait une main plus faible qu’il pense maintenant être bonne parce que vous avez annoncé parole.
* Le reste du temps, il a la quinte ou une grosse main qu’il a sous-jouée.

Il y a donc 20 % de chances que votre main soit encore bonne, mais pas suffisante pour suivre. Dans cette situation, contre ce joueur faible et prévisible, la meilleure attitude à adopter est de vous coucher.
La puissance du raisonnement

Il est difficile de jeter une main à bon escient, car personne n’aime se coucher avec la main gagnante. C’est pourquoi, plus vous utiliserez la lecture des mains et de la cote du pot pour arriver à la bonne déduction, plus vous saurez vous en sortir dans les situations où vous risquez de perdre et cela vous rapportera beaucoup d’argent à long terme.

Même après ce conseil, le plus important, c’est de ne pas jouer avec la peur au ventre ! Simplement, réfléchissez bien lors d’une main, essayez de deviner le jeu des joueurs à travers leurs actions et selon votre intuition et faites confiance à votre jugement. Pensez au nombre de fois où vous pensiez être derrière mais où vous ne pouviez vous résigner à jeter votre main. Pensez maintenant à tout l’argent ou tous les jetons que vous auriez pu économiser. La clé est d’être capable de prendre la décision, soit en jouant la main, soit en la jetant.

Source : Partyacademie.fr
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